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02 décembre 2016

Cruviers - Larnac étymologie et nom du lieu

Un lieu vivant chargé d' histoire

 Etymologie et nom du lieu


Vue aérienne

Cruviers - Larnac

copyrigth Jean Mignot


L’étymologie de Cruviers viendrait de - creveau – cruvel ; - crevel – crible ;- cribellum  diminutif de cribrium ;- cruvelheir – crivellier – cruvelier.
Le dictionnaire de Germer-Durand qui fait autorité, dit que l’origine du nom est obscure et viendrait de « cruverium » qui signifierait : «  sur une croupe » . Ce nom est cité en 1247.
Frédéric Mistral dans le Trésor du Félibrige donne une autre interprétation : Cruviers viendrait de ces cupules ou trous dans le rocher sur lequel les habitations s’élèvent  et qui seraient les traces laissées par les oursins, pris dans la boue, devenue molasse puis pétrifiée aux temps néolithiques, probablement jurassique, quand la mer s’est retirée au moment du grand mouvement tectonique qui a vu s’élever le Massif Central et particulièrement les Cévennes. 
L’étymologie de Larnac vient de Larenus,  nom d’homme en latin avec le suffixe –acum  ( nom du hameau d’origine ) 
En 1715 on trouve : Larnac-Cruviers sur la carte du diocèse de Nîmes. Les cartes exposées au Musée du désert  indiquent : Cruviers-Larnac. La Carte de Cassini indique « Larnac ». La carte établie pour la guerre des Camisards indique « Cruviers » 
Il est important d’associer  les deux noms avec un tiret, non seulement vu ces étymologies, mais parce qu’il existe près d’ici, Cruviers-Lascours qui a souvent fait confusion et au moins deux lieu-dit appelés Larnac, l’un vers Alès l’autre vers Saint Ambroix. 

copyrigth Jean Mignot

Cruviers - Larnac un lieu chargé d'histoire... - histoire du lieu

DOMAINE de CRUVIERS-LARNAC

Le lieu dit de Cruviers et un peu plus tard de Cruviers-Larnac trouve son étymologie dans ces petits cupules ou trou laissés dans le rocher sur lequel les habitations s’appuient, qui sont les traces laissées par les oursins, pris dans la boue, devenue molasse puis pétrifiée aux temps néolithiques, probablement au jurassique, quand la mer s’est retirée au moment du grand mouvement tectonique qui a vu s’élever le massif central et particulièrement les montagnes des Cévennes. Une très sérieuse étude diligentée par un éminent professeur de la Faculté de Montpellier, dont nous n’avons pas noté le nom, a fait une démonstration de cela avec à l’appui des photos prises sur les lieux. On trouve pareilles roches un peu partout dans le secteur comme en atteste l’ouvrage de Monsieur Larnac sur l’aqueduc romain du Pont Du Gard. Et Frédéric Mistral, nous confirme cette étymologie dans son « Trésor du Félibrige ».
Il est facile d’imaginer que sur les rives d’une mer ou d’un grand lac, des populations s’étaient établies. Cette hypothèse se vérifie puisque nous avons trouvé ici une stèle anthropomorphique à peu près sûrement de cette époque.
Un lieu occupé depuis des temps immémoriaux puis plus tard par les romains qui avaient établi là un ensemble de bâtiments, comme en attestent de nombreux vestiges, de tuiles ou poteries, ainsi que plus tard une photo aérienne, sur un autre lieu plus bas dans la plaine, confirmant l’emplacement de plusieurs bâtiments importants. 
La situation de Cruviers, comme celle de Saint Médiers, répond exactement à la description type de la villa romaine, adossée à la colline, à proximité de terres cultivables en plaine, et bâtie sur le roc.
La situation dominante a ainsi été érigé très tôt en ouvrage de défense des accès de la cité d’Uzès par le nord, se situant au croisement des grands axes connus et dont on peut encore trouver des traces à travers bois, routes qui allaient du sud au nord et d’ouest en est, plus tard connues par les appellations route de St Médiers à St Quentin et au delà vers le Rhône, route d’Uzès à St Ambroix, qui se croisaient exactement au centre des bâtiments de Cruviers.
Le lieu devenu fief est souvent cité dans les diverses archives, jusqu’à ces jours mémorables des 12 et 13 septembre 1703 où une quinzaine de Camisards, conduits par Moïse Nicolas, après avoir massacré les habitants de Potelières attaquent le hameau de Cruviers près Montaren. Ils incendient trois maisons et 8 personnes meurent, massacrées ou carbonisées, dont Marie Larnac femme de Paul âgée de 57ans et ses quatre enfants, dont Marie 14 ans, Isabeau 9 ans, Firmine 17 ans, Catherine Courtin âgée de 25ans, enceinte de cinq mois, Jean Chapelier âgé de 80ans et sa femme invalide âge de 70 ans, qui est consummée dans sa maison incendiée. Le même jour les deux métairies de Mayac ( appartenant au Chapitre d’Uzès) Mas Vieux et mas de Mayac, sont incendiées. La femme du fermier, son fils et le berger sont assassinés «  par la main meurtière des fanatiques ».
Les frères Larnac, le mari de Catherine Courtin, le fils Chapelier réussirent à s’échapper. N’étaient restées dans la métairie, que femmes, vieillards et enfants avec deux valets, nouveaux convertis. Les Camisards, après avoir vérifié l’identité de ces deux derniers, les libérèrent.

sources : le Républicain  d’Uzès et le document reproduit par Henri Bosc dans son ouvrage sur la guerre des Camisard. ( Henri Bosc La guerre des Camisards T 2 Presses du Languedoc 1986) Le document original se trouve aux archives départementales de l’Hérault : C 267 ravages des Camisards et aussi l’ouvrage de Marcel Pin sur Jean Cavalier page 256 éd. Laffite Reprints 1980


Voir article suivant : Le massacre de Cruviers

Les habitants de Saint Médiers prirent des dispositions pour protéger le village. Une délibération du Conseil municipal rapporte : « qu’en raison des massacres qui ont eut lieu dans le voisinage et par crainte des brigands camisards, il est nécessaire de fermer les rues par des barrières fermées à clé  ». Ils avaient tout lieu de se prémunir conte d’éventuelles attaques car le 5 janvier de la même année,  il y avait déjà eu le premier massacre de Belvézet. Et le 14 novembre le hameau de La Baume sera brûlé.
(archives municipales de Montaren 1703-1704)

Ainsi peuvent s’expliquer les traces très nettes d’incendies sur de vieilles  pierres brûlées que l’on trouve ici et là dans les bâtiments. Nous n’avons que peu de renseignements sur les bâtiments. Un seul plan très ancien de 1887 et établi par un géomètre d’Uzès est assez explicites sur la situation des lieux. Par ailleurs une bonne observation du bâti, en le comparant avec des bâtiments de ferme de la région, fait apparaître les mêmes piliers en pierre supportant une poutre en fer soutenant l’étage supérieur, au bâtiment de l’ancien pailler et au bâtiment de l’ancienne magnanerie. Le seul usage des poutres en fer est très récent et c’est bien connu. Par ailleurs c’est la même voûte au portail d’entrée du pailler, côté ancienne étable et à l’entrée de la bergerie. C’est construction sont postérieures à 1887 puisqu’elles ne sont pas sur le plan établi à cette date. Quant au bâtiment d’habitation du bas, la façade et la quasi-totalité du bâtiment, hormis la façade Nord, ont été mis à bas dans le cadre des grands travaux que Maurice Rode avait fait exécuter dans les années 1903 à 1907, et nous avons la preuve par les photos qu’ils avait prises à cette époque.
Par ailleurs, grâce aux travaux de Lionel d’Albiousse sur les anciens propriétaires des lieux et aux renseignements qu’il a recherchés dans les archives municipales et dans celle du duché à la demande de nos ancêtres directs quand il sont devenus à leur tour propriétaires des lieux, renseignements que nous avons pu, grâce aux moyens modernes, vérifier et compléter comme nous allons le voir, nous pouvons établir de façon certaine et compléter, preuves à l’appui, la liste des différents seigneurs de Cruviers,

Cruviers, fief relevant du château ducal d’Uzès, appartenait à la famille de Bargeton.
La maison Bargeton, originaire du diocèse d'Uzès, fut anoblie par lettres patentes de François 1er du mois de novembre 1553, en la personne de Mathieu de Bargeton, Seigneur de Lédenon, demeurant à Uzès.
Pierre son arrière petit-fils fut condamné comme usurpateur de noblesse, faute d'avoir produit devant M. de Bezons, l'original des dites lettres d'anoblissement; il se pourvut en conseil du Roi obtint un arrêt le 31 mars 1672 qui, en le maintenant dans sa noblesse, nonobstant qu'il ne rapportât pas l'original des lettres d'anoblissement, dont Sa Majesté le dispensait, considération de ses services et de ceux de ces prédécesseurs, ordonna qu'il jouirait des privilèges attribués aux autres gentilhommes du Royaume. Cet arrêt fut confirmé par des lettres patentes du Roi données à Saint Germain en Laye le 18 avril 1672
(d'Hozier. Armoirial Général T II R).



Les armes des Bargeton sont : «  d'azur à un chevron d'or accompagné d'une rose d'argent posée à la pointe de l'écu, au chef d'argent chargé de trois croisettes de gueules ».

En 1585, Louis de Bargeton était Seigneur de Cruviers. Marié en 1608 avec Marguerite de Massane, ce couple eut trois enfants, Suzanne, Isabeau et Pierre.
Suzanne épousa Henri de Narbonne-Caylus, baron de Lunas, de la noble et puissante famille des Aimeri et Amalric de Narbonne. Leur fils, Pierre-Jean de Narbonne-Caylus, hérita du fief de Cruviers.



En date du 16 mars 1693, il vendit ce fief à Pierre de Larnac, écuyer, habitant d’Uzès.
Pierre Larnac eut une fille Louise qui se maria avec Jacques Israël Delgas ( Société Historique du Protestantisme.SHPF - bulletin de 1913) . De ce mariage naquit Marie, qui reçut le baptème en date du 20 septembre 1745. Son père, qui par son mariage avec la fille de Pierre de Larnac était devenu titulaire du fief de Cruviers, avait été accusé de cacher le pasteur Pradel. Il avait été arrêté et enfermé au fort de Brescou. Par la suite il avait émigré à Genève où il mourut.
La famille Delgas était une famille protestante d’Uzès issue d’Israël Delgas notaire royal de la ville Le père de Jacques Israël Delgas, fils d’Israël, qui se prénommait Louis, avait épousé sa cousine germaine Suzanne Delgas. Poursuivi à cause de sa religion, il avait quitté Uzès pour Londres en 1699. Il devait par la suite être naturalisé à Neufchâtel en Suisse. Son épouse Suzanne étant malade, il était revenu à Uzès en 1719. Reconnu et dénoncé, notamment par un billet du Duc de Roquelaure, il avait été arrêté par le Commandant d’Uzès, M.de Préfosse et enfermé à la Tour de Constance, comme en atteste la liste des prisonniers de cette sinistre tour. Il fut libéré comme « fou », sans doute se fit-il passer pour tel, comme le précise le livret d’écrou. Il fut contraint d’abjurer le 19 juillet 1719 et put ainsi rester auprès de sa femme. Plus tard, il émigra avec elle pour la Suisse, où il avait été naturalisé, à Neufchâtel, dès 1711.

Jacques Israël Delgas, époux de Louise de Larnac
Seigneur de Cruviers par sa femme.
Accusé de cacher le Pasteur Pradel, il est arrêté et enfermé au fort de Brescou

On relève sur le registre  d'écrou de la Tour des Masques, un Sr Delgas, d'Uzès, seigneur de Cruviers comme pris dans une assemblée de culte, dans le Gard, en 1745, devenu fou et libéré en 1746
" en 1745 , autour de st Ambroix, se tenaient des assemblées très fréquentes. L'officier du lieu finit par obtenir l'autorisation d'en surprendre une, et il y arrêta le médecin Antoine Roux. Le prisonnier, conduit à Aigues -Mortes, y fut écroué dans la chambre haute de la Tour des Masques ( octobre 1745). Un mois après il était transféré à Montpellier et condamné aux galères. Il avait été remplacé dans sa cellule, le jour même où il l'avait quittée, par le Sr Delgas, d'Uzès, qui était seigneur du village de Cruviers. Delgas était coupable d'avoir mené sa femme aux assemblées du Désert. Il soutint fermement six mois de prison à la Tour des Masques, mais il passa alors par des acès de folie. Combelles dut le faire garder à vue et demanda sa libération: " il était assez puni d'avoir perdu l'esprit". Il fut reconduit à Uzès ( août 1746).

On trouve tous ces renseignements dans le Bulletin de la SHPF,et  dans le livre de Charles Bosc sur la Tour de Constance.
Par le mariage de Marie Delgas avec Louis de Broche, le fief de Cruviers est passé dans cette famille.
La famille de Broche est issue d’une très vieille famille 



Les premières armes des de Broche sont : Ecartelées en 1 et 4 à trois gerbes ( ou brosses) d’or lièes sur champ d’azur qui est de Brosse ; 

mais on trouve aussi :  d’azur, à un oranger d’or dans sa caisse de même posée sur une terrasse de sable, au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d’or, pour les de Broche ; ( avec une variante : trois étoiles d’argent)


et les armoiries des de Broche de Cruviers sont les suivantes :



En 1788 noble Louis de Broche, chevalier, était seigneur de Cruviers.
Il mourut sans descendance, en date du 28 mai 1843. Appartenant à la religion réformée, il fut enterré sur place dans son fief de Cruviers, à un endroit qui n'a été découvert que récemment, en 2015, grâce à un courrier trouvé dans nos archives, du fermier en exercice adressé à Maurice Rode, au moment des travaux de 1905 à 1908 .

24 Fructidor An V 
Un partage attribue une part du territoire de Cruviers à Marie Rose Larnac.
Une parcelle du lot revenant à celle-ci confronte Veuve Broche (Il est probable que cette veuve Broche est la veuve d’un de Broche dont le nom s’est altéré pendant la Révolution, peut-être Louis de Broche).
Le domaine était donc à cette époque, partie aux Larnac, partie aux de Broche (peut-être d’autres encore).

Acte reçu par Me Delafont notaire à Uzès et Me Cade notaire à St Quentin.

Biens Larnac





3 Août 1833
Marie Rose Larnac fait donation de ses biens à un sieur Valentin ( bien détaillés dans le partage du 24 Fructidor An V (mais elle devait en avoir d’autres comme le constate l’acte suivant.)

Acte reçu par Me Dufour notaire à Uzès.

1er Mai 1835
Acte de partage entre les hoirs Larnac.
Il y avait donc à cette époque à Cruviers, de Broche, Larnac et Valentin.

Acte reçu par Me Moustardier notaire à Uzès

1er Octobre 1837
Valentin vend tout son domaine à Daniel de Broche.
Il n’y a plus que deux propriétaires : de Broche et Larnac.

1837
Pierre Paul Larnac devient héritier des biens Larnac

1838
Il meurt à Montaren, instituant sa femme légataire universelle.

Testament reçu par Me Delafont notaire à St Quentin le 20 Mai 1838.

17 Août 1881
La femme Roman (Veuve Larnac) vend ses biens à Prosper Louis Bonnaud, gendarme en retraite.

Acte reçu par Me Dumas notaire à Uzès.

14 Janvier 1894
Prosper Louis Bonnaud meurt. Son bien reste indivis entre 6 héritiers.

19 Avril 1896
Achat aux dits héritiers par Monsieur Edmond Rode, des biens qu’ils avaient en enclave dans la partie Est de Cruviers. (partie attribuée à Madame Rode dans la succession de son père Monsieur Charles d’Amoreux).

Vers la même époque, achat aux mêmes héritiers, par Monsieur Fournier, propriétaire à Vaugrand, commune de Montaren, de toutes les enclaves situées dans la partie Ouest de Cruviers (part de Madame Bayle).

Ces enclaves sont encore actuellement à Monsieur Fournier ( en 1905 ).


Biens de Broche

1846 Monsieur Daniel de Broche étant décédé, un rapport d’experts est établi
(19 Novembre 1846) contenant partage entre les héritiers de Broche qui sont :

- A                   - Madame Milliet de Balazuc, née de Lattes de Luziers

- B                   - Madame Couderc née de Latour Lisside (*)
                        - Madame Martin née de Latour Lisside
                        - Monsieur Marc Antoine de Latour Lisside
                        - Les enfants de Maillan , Jules, Amédée, Hélène religieuse et
                        - Auguste, nés sans doute d’une autre dame de Latour Lisside

(*) On trouve aux archives de France, dans le fonds Bro ( général du 1er Empire) des papiers concernant cette famille ainsi que des documents sur une affaire opposant cette famille aux Quatrefages.

Entre 1846 et 1851, Madame Martin et Monsieur Marc Antoine de Latour Lisside étant morts, leur part revient partie à Madame Couderc, partie à la branche de Maillan (*)

(*) de Maillan, famille originaire du Gévaudan où elle possédait la seigneurie de Lacaze. 



Les armes sont : d’or à l’aigle déployé de sable, armé de gueules, écartelé d’azur à deux molettes  d’éperon d’or et d’un maillet de même en cœur.

Madame Couderc meurt à son tour. La part revient à ses enfants :
                        Adrien Couderc chanoine à Nimes (*)
                        Jean Victor Adolphe
                        Léopold
                        Madame Jules de Maillan

 (*) Félix Adrien Couderc de Latour Lisside + le 15 décembre 1865 à Nîmes. Chanoine théologal de Nîmes, auteur d’une biographie de Monseigneur de Chaffoy évêque de Nîmes. Il publie aussi «  Entretiens d’un prêtre avec lui-même, disposé en forme de lecture pour servir à sa retraite annuelle, ou dans l’intervalle d’une retraite ecclésiastique. Nîmes. Bodot 1857 in-18 raisin de 5400p.
Plusieurs lettres du Père d’Alzon citent le chanoine Couderc et son frère Léopold.

10 Avril 1851 par acte sous seing privé signé au château de Cruviers, Madame Milliet de Balazuc vend sa part au chanoine Couderc.

Acte sous seing privé fait en double au château de Cruviers, enregistré à Uzès le 3 Mai 1852 et déposé dans les minutes de Me Moulin, notaire à Uzès.

A la même époque, Monsieur Auguste de Maillan cède sa part au chanoine Couderc.

Restent donc en 1852 les possesseurs suivants des terres de Cruviers ayant appartenu à Monsieur Daniel de Broche :
1/ Le chanoine Couderc pour les 2/3
2/ Les frères Jean Victor Adolphe, Léopold et leur sœur Madame de Maillan.
3/ Ses cousins Jules de Maillan, Amédée de Maillan et Hélène de Maillan.


13 Novembre 1854 vente de toute la partie de Cruviers ayant appartenu à Daniel de Broche, par les héritiers Couderc et de Maillan, à Monsieur Jean Charles d’Amoreux.

Acte reçu par Me Conte notaire à Nimes.





Armoiries d'Amoreux: De gueules au coeur d'or accolé en pointe d'un croissant d'argent, au chef d'azur, chargé de deux flèches d'argent, posées en sautoir, accostées de deux étoiles du même

22 Février 1880 décès de Monsieur Jean Charles d’Amoreux.

2 Mai 1882 partage sous seing privé entre les deux filles de précédent, Madame Rode et Madame Bayle.

Madame Rode a la partie Est, Madame Bayle la partie Ouest.
10 Mars 1891 Décès de madame Rode

 6 Octobre 1892 Dans un partage entre les quatre enfants de madame Rode, le domaine   est attribué indivisiblement à Maurice Rode et  à Madeleine Rode.

 16 Septembre 1895   Dans un partage entre  Monsieur Maurice Rode et Mademoiselle          Madeleine Rode, le domaine est attribué en  entier à Monsieur Maurice Rode.

 Acte enregistré à Nevers le 9 Octobre 1895

                                                                                  
19 Avril 1896  Achat par Monsieur Maurice Rode aux héritiers Bonnaud, de la partie des     biens Larnac enclavés dans son domaine.                                                                           

                                                                                  
7 Mai 1900     Décès de Madame Bayle.. Ses enfants Monsieur Charles Bayle et Madame Tribes recueillent sa succession  et restent indivis.

23 Novembre 1901 Vente par Monsieur Charles Bayle et Madame Tribes de leur Domaine
de Cruviers (partie Ouest) à Monsieur le Docteur Gourbeyre, d’Ambert, beau-père de Monsieur Maurice Rode, possesseur de la partie Est du domaine.

Acte passé devant Me Carrière notaire à Nimes

En résumé, sont possesseurs, en Juin 1905

Partie EST                  - Monsieur Maurice Rode

Partie OUEST            - Monsieur Gourbeyre

Avec quelques enclaves situées dans la partie Ouest, propriétés de Monsieur Fournier, de Vaugrand

De tout ceci, il résulte qu’il y a eu autrefois, avant la Révolution, au 17ème siècle, comme possesseur de Cruviers, une famille Larnac, écuyer. Cette famille a du décliner. La plupart des terres sont allées aux de Broche qui en étaient devenus seigneur en 1788. Cependant il y avait encore simultanément, à l’époque de la Révolution et jusqu’en 1846, des Larnac et des de Broche.
Les de Broche avaient la maison de maître et la ferme d’en haut.
Les Larnac ( et incident Valentin) habitaient le bâtiment à peu près en ruines sur le chemin de Saint Quentin à Saint Médiers (*)
Ils avaient aussi la maison sur la grande route (cédée à la famille Barthélémy),  et le jardin de la fontaine.

Après quelques années qui suivent la mort de monsieur de Broche, la situation était rétablie comme de son temps : Charles d’Amoreux ayant la maison de maître et la ferme d’en haut, la Veuve Larnac ayant les mauvais bâtiments sur le chemin de St Quentin à St Médiers et des terres enclavées un peu partout

Cette décadence des Larnac s’est achevée par la succession Bonnaud qui a fini par revenir au domaine principal (sauf quelques enclaves à Fournier).

En Juin 1905, Monsieur Rode a la partie Est, son beau-père la partie Ouest (sauf enclaves Fournier).

Madame Rode étant fille unique, le domaine doit être reconstitué un jour par la réunion des parties Est et Ouest.

Maurice Rode étant décédé en 1914, Mort au Champ d'Honneur, son épouse Andrée Gourbeyre procède au partage des biens entre ses trois enfants. 

Le domaine de Cruviers-Larnac est attribué en totalité à Marie Rode, qui épouse Aloïs Stengel. 

Marie Rode/Stengel est décédée en 1978. Ses enfants sont actuellement propriétaires des diverses parcelles du domaine, chacun ayant sa part propre .  

                                                                          d'après une étude de  Lionel d’Albiousse
                                                                            adaptée et complétée par Jean Mignot

(*) Ce bâtiment en mauvais état, a été soufflé par l’explosion d’une bombe en Août 1944 ; et a été remplacé, au titre des dommages de guerre par le petit bâtiment en béton servant de hangar avec une petite habitation au dessus. Ce bâtiment a été agrandi et est devenu maison d'habitation .
Les biens Larnac ont donc aujourd’hui disparu pour ce qui est du bâti.  

 note de  Jean Mignot

14 novembre 2016

Le massacre de Cruviers





Eléments sur l'histoire de Cruviers et l'attaque des Camisards de 1703



D’Après le livre de Marcel Pin :
«  Jean Cavalier » 25 novembre 1681 - 17 mai 1740 paru chez Chastanier frères et Améras imprimeurs à Nîmes 12 rue Pradier en 1936 - Reédition de Laffite Reprints Marseille 1980 p 256

Marcel Pin est né à Alès en 1887 dans une famille de bons notables protestants. Il est avocat.

Le contexte :

Au mois d’août 1703 Bâville est préoccupé, il cherche une solution qui termine la révolte sans ruiner les contribuables.
L’Intendant a demandé une Ordonnance Royale permettant d’envoyer aux galères, sur le champ, tous les nouveaux convertis de 15 à 55 ans, trouvés hors de leurs paroisses sans passeport. 
( copie de cette Ordonnance fut envoyée par Chamillard à Montrevel le 10 septembre. Un exemplaire imprimé, daté du 11 septembre, se trouve aux Archives de Toulouse  HL 1792)
Toujours persuadé de la complicité des bourgeois, Bâville a demandé également l’autorisation de leur imposer une contribution de 200.000 livres, cette somme permettra de secourir les anciens catholiques .
( le Roi autorisa cette imposition. Note manuscrite de Chamillard sur la lettre de Montrevel du 16 septembre A.G 1708 111)

Enfin l’Intendant a proposé le « razement » de trente et une paroisses cévenoles, il veut, depuis la Lozère jusqu’à l’Aigoual, dépeupler et ruiner la montagne.
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Il faut transformer le pays en désert et que les rebelles n’y puissent plus trouver abri ni subsistance ; tous les villages en sont pauvres et rapportent de maigres impôts, le Roi n’aura pas trop à souffrir de leur dévastation.
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Montrevel, sans croire qu’il puisse suffire à calmer la révolte, approuve le projet de Bâville .
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La Cour hésite . Le 22 août La Vrillière informa Bâville que le Roi va se déterminer à permettre le dépeuplement. Avec une incompréhension totale de la situation, le secrétaire d’Etat aux affaires de la Religion prétendue Réformée demande à l’intendant de lui adresser un état exact des habitants qui vont être ainsi ruinés.
Le 30 août les puissances se réunissent à Alais et décident les détails du rasement en attendant l’autorisation de commencer.
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Les 13 .000 habitants des 31 paroisses seront rassemblés et conduits fort doucement. A Mèze, Lunel, Lodève, Béziers, casernes ou manufactures sont aménagées et prêtes à les recevoir, la cité de Carcassonne sera une prison commode ; un soin particulier sera pris des malades, des femmes enceintes, à l’hôpital de Montpellier qui est très bon. Les plus gravement atteints iront à Mende «  où ils seront fort bien ». Les maisons elles-mêmes n’auront pas trop à souffrir. On se contentera de démolir les toits et les planchers.
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Le 14 septembre l’autorisation du Roi n’est pas encore arrivée. Montrevel s’impatient. Il fait publier et afficher dans les paroisses condamnées une circulaire préparatoire.
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Enfin le 16, un courrier-exprès apporte l’autorisation attendue…


Les faits :

Ouvrage de Marcel Pin «  Jean Cavalier » ; Chapitre X : Les représailles de Cavalier - 10 septembre - 1er Octobre 1703


Grâce à l’indiscrétion des évêques qui, huit jours avant la réponse du Roi, l’avaient rendu public, les rebelles connaissaient le projet de Bâville . (Montrevel à Chamillard. Nîmes 14 octobre . AG 1708. 178 H I 1823)  Au cours des trois dernières semaines du mois de septembre, Jean Cavalier, pour retenir dans la plaine les troupes du Roi, va, avec une impitoyable activité, exercer de cruelles représailles préventives.
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Dans la nuit du 11 au 12, quinze Camisards, conduisant 8 chevaux, viennent à Cals, hameau de 4 maisons entre Navacelle et La Bégude d’Auzon, ils réquisitionnent 3 salmées d’avoine, des balles de foin, et les emportent à Bouquet où campent Cavalier et sa troupe.
Le 12, comme tombe la nuit, 30 Camisards arrivent à Potelières, domaine de Bérard-Montalet, baron d’Alais . Par bandes de 3 ou 4, ils fouillent les maisons du village, fusillent un catholique qui veut s’échapper, en attachent un second en lui disant que le Saint Esprit commande de le poignarder ; ce dernier est assez agile pour se libérer, sauter par la fenêtre et disparaître dans l’obscurité. Aux maisons de Mas, les Camisards tuent ou blessent 9 personnes. Ils en rassemblent 13 dans l’église ; après les avoir invité à prier Dieu, Beulaigue, le sacrificateur, les frappe à coups de hache et de baïonnette. Avant de reprendre la direction de Bouquet, les Camisards incendient 7 maisons, six habitants y périssent asphyxiés ou brûlés. ( Desbordes à Montrevel. Auzon 13 septembre . AG 1708. 110)
Alertés par le paysan qui avait échappé, Desborde, commandant la petite garnison de Rivières, ne peut que s’attrister en voyant flamber Potelières. Il n’osa pas s’aventurer dans la nuit et fut sage. Les Camisards avaient posté un détachement de cavalerie pour surprendre les miliciens s’ils avaient tenté une sortie.
Le 13 au matin, Desborde et Malbec, habile chirurgien, vont à Potelières, ils comptent les victimes : 5 hommes et 10 femmes massacrées ; 1 vieillard, 2 hommes, 3 enfants, brûlés ; 2 hommes, 3 femmes, mortellement blesés ; cinq autres malheureux, transportés à l’hôpital de Rivières, fondation de la marquise de Portes, guérirent tous les cinq malgré que l’un d’eux eût reçu vingt-deux coups de baïonnette.  ( rapport de Malbec. AG 1708 . 125 Malbec donne la liste nominative et l’âge des morts et des blessés)
Comme l’avaient été ceux de Valsauve, les auteurs du massacre de Potelières furent guidés par des Camisards originaires du voisinage, Boileau de Rochegude dit Beulaigue, Jacques Bruguier de Cals, d’autres de Tharaux et de Saint Victor. L’inspiration permettait aux paysans fanatiques d’assouvir leurs ressentiments, longtemps accumulés, conte les voisins catholiques qui les avaient molestés ou avaient su profiter des Ordonnances en vigueur pour s’enrichir à leurs dépens.

La nuit même du massacre de Potelières et à la même heure, ( c'est-à-dire le 12 septembre 1703) 15 camisards brûlent trois maisons à Cruviers-Montaren, ils exécutent à coup de baïonnettes, haches, dagues, et autres instruments très cruels, Marie Larnac, ses quatre enfants, Catherine Courtin, enceinte de cinq mois, Jean Chapelier, âgé de 80 ans, dont la femme valétudinaire est entièrement consumée dans sa maison. (voir note 1)
Quelques instants plus tard, les Camisards, conduits par Moïse Nicolas, arrivent à la métairie de Maillac (voir note 3) appartenant au chapitre d’Uzès, à quart de lieue de la ville ; le rentier , Pierre Legaud peut échapper ; couché dans une vigne il voit brûler la métairie ; en revenant constater le désastre, il trouve, étendus dans la basse-cour, le cadavre de sa femme, celui de son fils unique, et celui d’un berger. (voir note 2)


Notes :

(Note 1) A.H.C. 267  - Les frères Larnac, le mari de Catherine Courtin, le fils Chapelier échappèrent. N’étaient restés dans la métairie que femmes, vieillards, enfants, et deux valets nouveaux convertis. Les Camisards, après avoir vérifié leur identité, libérèrent ces deux derniers.

Sur la base du même document des archives de l’Hérault, une autre source donne la liste plus précise des victimes :

MONTARENT (12 SEPTEMBRE 1703)

-la femme de Paul LARNAC et ses quatre enfants. Voici les prénoms de trois : -marie, 14 ans ; -Isabeau, 9 ans ; -Firmin, 17 ans.
-Marie LARNAC, âgée de 57 ans.
-Catherine COURTIN, 25 ans enceinte.
-Jean CHAPELIER, âgé de 80 ans.
-la femme de Jean CHAPELIER âgée de 70 ans ;
Ces meurtres furent commis à CRUVIERES, paroisse de MONTARENT.

Il ne peut donc y avoir aucune confusion comme on l’a souvent fait avec Cruviers-Lascours

(Note 2) A.C.H. 254 . 189 

(Note 3) Le mas de Mayac au Nord d’Uzès


Le massacre de Cruviers selon Henri Bosc dans «  La guerre des Cévennes »

 tome 2 – page 11 et 112 – Les Presses du Languedoc Avril 1986 ISBN 2.85998.023.7

Aux mêmes heures du massacre de Potelières, dans la même nuit du 12 au 13 septembre 1703, une troupe de douze camisards se rendit à Cruviers où elle incendia trois maisons. Les rebelles tuèrent Marie Larnac et ses quatre enfants, une autre femme Catherine Courten, qui était enceinte de cinq mois et Jean Chapelier, vieillard de 80 ans dont la femme sera retrouvée complètement carbonisée dans les ruines de sa demeure. Les frères Larnac, le mari de Catherine Courten et le jeune Chapelier sauvèrent leur vis par la fuite. Les deux valets nouveaux convertis que les camisards trouvèrent dans la maison furent épargnès. Les Archives départementales de l’Hérault apportent quelques précisions sur le massacre. 

Voici un texte,  inédit qui retrace les évènements de cette nuit tragique de 1703, à Cruviers :

            «( …) Sur l’heure de 10 heures du soir, estant venus les Camisards au nombre de dix ou douze, venant du costé de Saint Médiers. Ils sont alez trouver cinq hommes couchés à leur bétail. Rossins ( ?) ayant attaché Jean Larnac, fils de Paul, âgé de 12 ans, avec Jacques Bénézet. On avoit aussy ataché deux autres nommés Jacques Galdin et Germain… et Jean Chapelier l’ayant attaché tout seul et ensuite les ayant amenés dans le lieu de Cruviès l’on a trouva une plus grosse quantité de ces malheureux dont ledit Bénézet se détacha et se sauva. Les deux Galdin feürent détachés par les autres comme étant nouveaux catholiques. Il y en avoit une grande quantité dans la maison de Paul Larnac, ayant commencé à rompre les coffres et d’attacher sa femme et quatre enfans : les ayant égorgés : la mère aagée de 50 ans ; de ces filles l’une, apelée Marie aagée de 14 ans, Isabeau aagée de 9 ans, Firmine aagée de 17 ans. Lequel meurtre feüt commis à la porte de la basse cour les ayant fait mourir par divres coups de bayonette et d’ache et autres instruments très cruelz : aynat trouvé Firmine qui respiroit, on la fit emporter au lieu de Montaranc ( Montaren) estant dans un estat dont elle na pas peü en relever. On tua aussy au mesme endroit 2 fammes, l’une nommée Marie Larnac, aagée de 57 ans et l’autre nommée Catherine Courtine ( Courten) sa nièpce aagée de 25 ans laquelle estoit ensceinte et estoit fille de Jacques Courtin et femme de Pierre Pialet tuées de mesme que les autres avec coup de dagues et ont tué aussy à 10 pas de là Jean Chapelier aagé de 80 ans. On a brulé sa famme dans sa maison… aagée de 70 ans. »

Archives de l’Hérault, C 267 « Ravages des Camisards » texte peu lisible sur un document en mauvais état.

Ces actes de violence exécutés en représailles par les rebelles sur les populations civiles marquent bien jusqu’à quel degré  d’exaspération leur soif de vengeance et leur colère étaient parvenus .


Henri Bosc

30 novembre 2011

chronique du temps qu'il fait et des saisons, des dictons fêtes et traditions

Chronique du temps qu'il fait et des saisons, des dictons fêtes et traditions 

décembre 2016 et des olivades et de l’olivier, un arbre de légendes


Depuis Novembre/Brumaire qui enchaîne avec décembre, douzième mais toujours dixième mois de l’année et son « huile de l’Avent »,  la récolte des olives. " les olivades" se poursuit et va durer jusque vers la fin janvier.
Voici donc, une chronique d'un style un peu particulier, qui ne se réfère au temps que parce que l'olivier  est de tous les temps, avec une si belle légende à partir d’un article que j’ai publié dans  le bulletin des Amis du musée d’Uzès. Ainsi vous rêverez un peu, au Midi, à vos vacances, à Noël et aux santons ; au fêtes calendales, aux bonnes olives et à la tapenade des apéritifs ensoleillés de cet été, voire à d'autres cieux, mais toujours ceux des beaux pays de notre Mare Nostrum et à celui de Cruviers, pour ceux qui le connaissent.
Je ne parlerai que très rapidement des olives. Les vertes d'abord, qu'on prépare souvent " à la picholine" après les avoir "désamérisées", pour en faire des olives de tables, si appréciées à l’apéritif, (de fait la picholine c’est d’abord une espèce d’olives qui s’appelait « la colliasse » du nom du village proche d’Uzès, et la façon de les préparer pour pouvoir les déguster est à la façon des frères Piccolini), puis les noires en décembre et janvier, qui donnent cette huile d'olive si savoureuse,  aux multiples vertus qu'on lui connaît, tant culinaires que sur le plan de la santé. C’est le fameux « régime crétois »

L’olivier et la vigne, sont des symboles majeurs de notre culture « méditerranéenne ». Tout deux font partie des composantes majeures de notre nourriture. Mais si le vin et la vigne posent des quantités de problèmes de production au monde agricole, l’olivier et l’huile d’olive jusqu’aux années 1980 n’entraînaient pas de  grande manifestation de masse, comme aujourd’hui ou  la mode de l’olivier se développe jusque dans nos jardins et sur nos balcons,  bien au-delà des rivages du bassin de la Méditerranée. Même aux terrasses des cafés de Paris ! Et les diététiciens recommandent plus que jamais l’utilisation de l’huile d’olive pour lutter contre le cholestérol. C’est le fameux « régime crétois »
Si on connaît les vertus de l’huile d’olive et si les touristes se ruent sur les stands de nos marchés pour acheter ces olives si agréablement conditionnées, quels sont ceux qui connaissent la belle légende de l’olivier et les lointaines origines de cet arbre mythique.
Essayons de voir cela d’un peu plus près.

1/ : La légende de l’olivier : Selon la légende, et s’agissant précisément d’une légende on peut en trouver plusieurs versions  toutes très proches les unes des autres et je n’ai pas la prétention de dire que la mienne est la seule crédible.
 Athéna et Poséidon se disputaient la souveraineté de l’Attique cette presqu’île de la Grèce qui abrite Athènes. Zeus fut consulté pour les départager. Il décida que le propriétaire de l’Attique serait celui qui ferait à l’homme le cadeau le plus utile.
Poséidon, dieu de la mer, frappant les eaux de son trident fit naître de l’écume des vagues un beau cheval fougueux. Athéna, avec sa lance de déesse de la guerre, fit naître de la terre brûlée de soleil, l’olivier.
Zeus décida que cet arbre était le plus beau des cadeaux fait aux hommes et que la déesse Athéna avait le droit de devenir la patronne de l’Attique. C’est ainsi qu’elle fonda la ville d’Athènes, la capitale de la Grèce moderne après avoir été une des cités les plus remarquables de la Grèce antique.
L’arbre fut planté dans l’Erechthéon et devint l’arbre sacré, symbole de la civilisation grecque. Hérodote nous apprend que même après l’incendie allumé par les Perses sur l’Acropole, l’arbre survécut, ce qui renforça aux yeux des grecs la valeur emblématique de cet arbre et alimenta la légende d’une origine divine.
D’autres oliviers avaient été plantés à proximité, ou bien des rejets étaient repartis du pied de cet arbre. Nous avons bien vu les oliviers repartir du pied après le terrible gel de février 1956, et nous voyons nos oliviers revivre après les trop nombreux incendies de l’été dans nos garrigues, à condition de les tailler tout de suite…
La loi punissait de mort quiconque se rendait coupable de leur destruction. Ce respect que les peuples ont de tout temps apporté aux oliviers, me fait affirmer que le peuple juif, quand il a acclamé Jésus avec des palmes et des branches d’oliviers au moment de son entrée triomphale à Jérusalem, n’avait pas coupé des branches d’oliviers. On ne coupe pas des branches d’oliviers n’importe comment ni n’importe quand. Même  pour faire un beau bouquet. Par contre on taille l’olivier, en fonction de la lune, presque toujours au moment du dimanche des Rameaux. Comme l’on sait que la fête de Pâques est fixée en référence au cycle de la lune, on peut facilement affirmer que ce sont ces rameaux provenant de la taille des oliviers que le peuple de Jérusalem a saisis pour acclamer Jésus.
A Athènes, l’huile produite par les olives de ces arbres était remise comme récompense aux vainqueurs des Panathénées. En Israël elle servait pour l’onction des prêtres et des rois.
Homère, Eschyle, Platon, Aristote rendirent tous hommage à l’olivier, alimentant ainsi la légende et le mythe qui entourent l’origine de cet arbre qu’on peut donc bien qualifier de « fabuleux ».
La Bible et le récit du déluge ne font qu’apporter de nouveaux éléments. Nous pourrions encore citer le papyrus Harris (1) qui au 12 ème siècle avant notre ère s’adressait au Dieu Râ en ces termes : «  J’ai planté des oliviers dans ta cité d’Héliopolis, avec des jardins et beaucoup de gens pour en prendre soin ; de ces plantes on extrait l’huile, une huile pure, pour garder vivantes les lampes de ton sanctuaire… »
Plus tard, Horace, Ovide, Virgile et Pline ou encore Caton l’Ancien ont souvent parlé de l’art de cultiver l’olivier.
Le Coran lui-même, dit : «  Dieu est lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est comme une niche dans un mur… Elle est allumée avec l’huile d’un arbre béni, un olivier qui n’est ni d’Orient, ni d’Occident. ».
Un vieux chant berbère peut conclure cette belle légende :
Si tu conserves l’olivette,
Sans arracher un olivier
Quatre anges pendront leurs musettes
Aux quatre coins de ton quartier.

Mais si, poussé par la folie,
Tu fends l’arbre de bon conseil,
Quatre anges de mélancolie
Viendront pleurer toute ta vie
Aux quatre coins de ton sommeil.
2/ :Les origines de l’olivier et son implantation en France :
Si belle que soit la légende de l’olivier et de ses origines divines en Grèce, et n’en déplaise à notre culture classique et à nos connaissances en mythologie, il semble de façon quasi certaine, que l’olivier n’a pas ses origines aux pays des Hellènes. Les chercheurs et botanistes semblent s’accorder aujourd’hui pour dire que l’olivier aurait ses origines en Syrie ou en Asie Mineure. Comment ne pas faire de rapprochement avec la Bible. Elle nous dit que l’arche de Noé avait échoué sur le mont Ararat qui se situe aux confins de la Syrie et de la Turquie. Il ne serait alors pas étonnant que la colombe ait trouvé facilement un arbre d’olivier, cet arbre qui résiste à temps d’intempéries et à tant de sinistres !
Ici dans le Gard on se souvient de ce triste 2 février 1956 où « on entendit dans la nuit les oliviers pleurer ». Il avait fait très doux durant mois de janvier de cette année-là. Plus de 18 ° en fin janvier et du jour au lendemain il a fait moins 18° voire  moins 20 °. La sève des arbres qui avait commencé de monter, a gelé dans les troncs ce qui les a fait éclater. La nuit on entendait le sinistre craquement des troncs qui éclataient. Les oliviers « pleuraient » !
Il a fallu arracher les oliviers, ce qui n’a pas été la meilleure chose et on a souvent planté de la vigne à la place. Etait-ce mieux ? Il aurait mieux valu tailler car l’olivier repousse vite. D’où perte très importante de cette culture qui a mis largement 50 ans pour revenir au premier plan et rencontrer l’engouement qu’on lui connait aujourd’hui.
On avait oublié alors les gels importants des années passées et on ne parle encore aujourd’hui que de celui de 1956  comme s’il était l’unique et le seul coupable. Or l’histoire nous parle des gels de 1571, de 1587, de 1709, de 1789, de 1796, de 1802, de 1819 qui tous provoquèrent le gel des oliviers et leur perte. Car l’olivier s’il résiste bien au froid ne résiste pas à un froid persistant, qui dure  Voir le livre de statistiques de Hector Rivoir publié à Nîmes en 1842 chez Balivet et Fabre, pages 126 à 130. Une bonne occasion de souligner que nous avons la mémoire courte quand il s’agit du temps qu’il fait !
Poursuivons un peu la légende et le mythe. Les Phéniciens, partis de Tyr et de Sidon, donc de Syrie, seraient à l’origine de l’implantation de l’olivier autour du bassin méditerranéen.
A Marseille ce seraient les Phocéens, donc des habitants d’Asie Mineure, dont on connaît le rôle dans la création de nombreuses cités autour de la Mare Nostrum, qui auraient fait connaître toutes les vertus de cet arbre et comme on dirait aujourd’hui de ses « produits dérivés ».
Après avoir implanté la vigne autour de Marseille, ils auraient développé ces cultures également autour d’une autre colonie, Agathé, Agde.
Ces oliviers acclimatés dans notre région, au plus tard aux environs de 600 ans avant Jésus-Christ, fournirent rapidement les fruits de leurs cultures.
Chez les Romains, une partie de la récolte d’olives comme aussi de blé, pouvait servir de paiement de l’impôt.
Les ateliers de potiers comme ceux de Sallèle d’Aude fabriquaient des amphores pour le vin et pour l’huile. On en a trouvé de nombreux exemplaires qui sont exposés dans les musées de notre région.
Quand le Christianisme  devint la religion officielle de l’empire romain, l’huile d’olive qui avait servi à tous les cultes précédents, devint l’huile du baptême, de l’extrême onction, de l’ordination des prêtres et des évêques et du sacre des Rois. Souvent on la mêlait à d’autres aromates eux aussi venus d’Orient, pour faire notamment le Saint Chrême.
Quant à la littérature, outre nos écrivains grecs ou romains, elle abonde d’auteurs célèbres qui ont chanté l’olivier : Mistral, Pagnol, Giono et bien d’autres !
Je parlerai seulement ici de Pierre Joseph Amoreux, ( 1741-1824), de cette famille Amoreux, nos ancêtres, qui a reçu à Uzès le cardinal Pacca exilé sur ordre de Napoléon. Il a écrit un Traité de l’Olivier, « contenant l’histoire et la culture de cet arbre, les différentes manières d’exprimer l’huile d’olive, celle de la conserver, etc.. ». Cet ouvrage, publié en 1784 chez la Veuve Gontier, librairie à la Loge, à Montpellier, a été couronné par l’Académie de Marseille qui avait mis au concours la rédaction d’un «  mémoire complet sur la culture de l’olivier et sur la meilleure manière d’extraire l’huile des olives ». Les éditions Christian Lacour ont réédité ce livre en 1991 et on le trouve encore en vente, par exemple à Uzès.  C’est belle somme de tout ce qu’on peut dire sur cet arbre On y retrouve, non seulement la légende mais un  travail très fouillé d’un botaniste qui eut quelque renommée à son époque au point qu’une rue de Montpellier porte son nom. ( rue Amoreux au quartier de Boutonnet.. mais comme il n’y a aucune indication sur qui est cet « Amoreux » on peut craindre que cette rue soit un jour débaptisé par ignorance… ! et ce serait bien dommage ! ) Si le style de l’auteur qui est celui du 19ème, peut surprendre, la documentation vaut facilement tous les ouvrages publiés depuis sur le sujet au point d’être un ouvrage de référence. 
L’auteur qui était à la fois médecin, botaniste, géologue et membre éminent des Sociétés des Sciences et d’Histoire Naturelle de Montpellier a notamment a publié divers ouvrages dont on peut citer, parce que le sujet en parait intéressant encore aujourd’hui : - L’utilité des lichens dans la médecine et les arts ; - Mémoire sur les haies destinées à la clôture des prés, des champs, des vignes et des petits bois ;- Essai historique sur la médecine des Arabes ;- Mémoire sur le bornage ;- et un recueil original : « La guirlande de Julie expliquée par de nouvelles annotations sur les madrigaux et sur les fleurs qui la composent. ». Nous savons, grâce à la Cigale Uzégeoise, ( 4ème série n°2 de Mars 1929) le lien qui existe entre le manuscrit de la Guirlande de Julie et la famille ducale d’Uzès. Ceux qui n’ont pas le  privilège de posséder la collection de la Cigale peuvent  consulter ce texte intéressant à la Médiathèque d’Uzès

Si nous faisions quelques recherches plus savantes nous trouverions dans l’histoire, bien des sujets pour prouver d’autres origines, toutes plus fameuses les unes que les autres, feuilles fossilisées datant de 8000 ans avant JC trouvées à Roquevaire et exposées au musée de Nyons, amphores d’huile d’olive trouvées en Crête et datées de 3500 avant JC, et bien d’autres encore. !
Ce qu’il est plus facile d’affirmer, sans risque de se tromper, c’est que la culture de l’olivier s’est développée autour de la Méditerranée, depuis les temps les plus reculés, et que de la Syrie  et de l’Egypte en passant d’un côté par la Grèce, l’Italie, la France et l’Espagne et sur l’autre rive par les pays du Maghreb, l’olivier s’est implanté durablement sur tout le pourtour de la Méditerranée avant de partir  avec les découvertes puis les colonisations, vers les Amériques, l’Afrique du Sud ou encore l’Australie.
Il faut quand même dire, pour rester objectifs et réalistes, sans déflorer la légende, que les hommes n’avaient pas encore découvert les vertus de l’arachide, de tournesol, de colza ou encore celle de palme, de noix ou de pépins de raisins ! Et vous vous souvenez sans doute comme moi des années 196o où on bannissait l’huile d’olive comme trop grasse et lourde à digérer. Je me souviens des mises en garde reçues pour mon premier voyage en Espagne ou tout le monde me disait «  fait gaffe ! »
Je n’ouvrirai pas ici  un paragraphe sur la façon de cultiver l’olivier, ni un autre sur la production de l’huile d’olives et encore moins sur les différentes espèces d’olives et la façon dont elles sont récoltées avant de produire ce bel or liquide qui agrémente si bien nos repas. Restons sur la belle légende de l’olivier et laissons à d’autres ce qui relèverait plus d’un journal de botanique que de mes chroniques habituelles.
Je citerai encore  deux grands noms de notre littérature :
Jean Racine d’abord, on ne le citera jamais assez à Uzès.
« Je voulus en cueillir quelques-unes (d’olives) au premier olivier que je rencontrai et je les mis dans ma bouche avec le plus grand appétit qu’on puisse avoir ; mais Dieu me préserve de sentir jamais une amertume pareille à celle que je sentis… » et d’ajouter quelque temps plus tard : « Lorsqu’on en a tiré (de l’huile) elle sert ici de beurre et j’appréhendais bien ce changement ; mais j'en ai goutté aujourd’hui « dans les sauces » et sans mentir il n’y a rien de meilleur. » Jean Racine, Lettres d’Uzès.
Madame de Sévigné ensuite, elle qui ne fut pas toujours tendre avec les méridionaux : « … Je ne saurais vous plaindre de n’avoir de beurre en Provence, puisque vous avez de l’huile admirable et d’excellents poissons ».
Mme de Sévigné, Lettres à Mme de Grignan sa fille – 16 mars 1672.
Et pour terminer,  Kurnonsky et son fameux aphorisme : « Il n’est d’huile que d’olives ».
« L’arôme exquis et fin de l’huile s’allie à la valeur des mets et en rehausse le goût sans le dénaturer ni le masquer. Mais comme toutes les bonnes choses il faut qu’elle-même ait son goût propre, sa saveur originelle. L’emploi de l’huile sans goût est une aberration gastronomique ; l’insipidité n’a jamais passé pour un attrait. Une bonne huile à manger doit fleurer son fruit, c’est à dire l’olive, comme un bon vin doit sentir la grappe de la treille. Elle a apporté à la cuisson une suavité incomparable. Elle améliore les mets, elle est la reine des fritures dont elle enrobe et conserve la saveur. »

Addisias et bonne santé ! une cuillérée à café d’huile d’olive le matin à jeun avec quelques gouttes de jus de citron, c’est la santé assurée !

Jean Mignot le 30 novembre 2016
                                                                                                                     
 (1)Le papyrus appelé "Papyrus Harris" doit son nom au Britannique Anthony C. Harris (1790-1869), qui faisait le commerce des oeuvres d’art égyptiennes à Alexandrie ; il a été rédigé à l’époque de Ramsès II

Pour faire de 1 litre l’huile d’olive il faut environ 6 à 7 kilos d’olives.
1 olivier de trente ans productif un an sur deux, donne 15 à 50kg d'olives.
Un bon cueilleur récolte 100kg/jour au maximum.
L'huile d'olive peut se conserver au maximum deux ans, au frais, à 15°à 18°, et à l'abri de la lumière.
On la conservait dans de grandes jarres en terre cuite aux formes caractéristiques, fabriquées  à Anduze et à Saint Quentin la Poterie










de Novembre 2016
( cette chronique est sur http://jeancevenne.blogspot.fr/)

En ce début novembre, sur le registre «  chronique du temps »  j’aimerais rappeler un fait considérable qui passe un peu inaperçu dans un monde où la fête d’Halloween revient en force, c’est l’affichage sur la porte de l’église de Wittenberg des « 95 thèses » de Martin Luther le 31 octobre 1517 selon ce qu’affirme  son contemporain Philippe  Mélanchthon !
On a trop souvent, il me semble, et de ce que j’en sais, limité ces thèses à une protestation contre les indulgences. Or la plupart de ces thèses sont un appel au dialogue. Etre chrétien ce n’est pas possible sans dialogue.
C’est dans cet esprit que le Pape François se déplace en Suède pour commémorer cette réforme et le début d’une année de Jubilé qui s’ouvre pour nos frères protestants. Je sais que certains de mes lecteurs n’apprécieront pas que je cite cet évènement tout comme des deux côtés de la chrétienté,  des voix s’élèvent contre ce Pape qui nous appelle à vivre autrement.
On ne peut pas dire que le dialogue soit vraiment ouvert au sein de notre propre église catholique où nous sommes souvent face à des responsables plus soucieux de leur autorité installée et reçue comme LA vérité que d’ouvrir le dialogue avec les  laïcs et reconnaître  leur place et leur rôle. A croire qu’à eux seuls ils font l’église, au risque de se retrouver un jour bien seuls.
Moi je crois bien fort que l’église ce ne sont pas les seuls curés qui la font. Face à ce relent de cléricalisme, j’ai de fortes envies d’aller placarder quelques  vérités sur les portes de la Cathédrale d’Uzès ! Voilà. C’est dit. Ceux qui savent ce que nous vivons à Uzès depuis si longtemps, comprendront. L’’église, c’est certes le rassemblement du peuple de Dieu, mais le jour où les curés, quels qu’ils soient  partiront, il restera qui pour faire église ?   Heureusement il n’y a pas qu’Uzès !
La publication des (95 thèses) de Luther nous invite à la réflexion, au dialogue, et à la fraternité.  Cet  évènement considérable qui s’est produit  il va y avoir 500 ans ne peut pas passer inaperçu ni limité à l’anniversaire d’une rupture.
En ce mois de novembre nous n’oublierons pas cet autre évènement de novembre 2015, les victimes du Bataclan et les autres. Tous des martyrs de la Liberté comme ces chrétiens  massacrés dans les pays d’Orient dont on parle trop peu !
«  Ô liberté comme on t’a jouée » aurait dit Jeanne Marie Philippon épouse Roland. L’histoire a retenu «  Ô liberté que de crimes on commet en ton nom ». Cette phrase a été prononcée le 8 novembre 1793.
Je souligne au passage que le sieur Roland, ci-devant vicomte de la Platière,  avait été élu député avec mission de démontrer à l’Assemblée l’état déplorable du commerce et des manufactures dans la région lyonnaise… Et devenu ministre  dans le « ministère girondin » il avait renoncé à son siège de député. Tiens donc ! A l’annonce de la mort de son épouse, Roland qui avait pris la fuite vers Rouen, se suicide le 10 novembre de la même année.
Deux faits historiques qu’on ne rappellera pas dans nos journaux. Halloween oblige.
On ne redira jamais assez,  comme je l’ai souvent écrit, que les origines de cette fêtes sont bien plus respectables que ces masques de sorcières et de citrouilles qu’on nous impose à grand renfort de publicité et pour soi-disant le plaisir de nos « chers petits » !  
Halloween, c’est le soir sacré. ( contraction de All Hallows’Eve) ( all Hallows’day) la veille du jour où entrant dans les longues nuits de l’hiver on se remémore le souvenir de nos ancêtres.
C’est la fin de l’été, que signifie le mot celtique « Samain ». C’est la première nuit de la nouvelle année qui marque le début du cycle hivernal, celui de la lutte entre les ténèbres et la lumière. En effet, l’hiver avait pour les sociétés paysannes traditionnelles un caractère ambigu et inquiétant, et était une période d’inactivité. De plus, ces sociétés craignaient que le soleil (le dieu Been dans la mythologie celtique) ne revienne pas. Le cycle hivernal se terminait par la Beltaine, le 1er mai, qui marquait la victoire de la lumière sur les ténèbres. La fête s’étendait sur plusieurs jours et des festins étaient préparés. Le 1er jour était consacré à la mémoire des héros, le second à la mémoire des défunts et les suivants aux réjouissances populaires. D’après la mythologie celtique, il existe une vie après la mort. Pendant cette nuit, les esprits des trépassés pouvaient revenir dans leur demeure terrestre et les vivants essayaient de les accueillir au mieux. Par exemple, on leur laissait une place autour de la table ou près du feu … L’ouverture des portes de l’autre monde permettait aussi l’intrusion d’esprits maléfiques. Ce deuxième aspect a surtout pris de l’importance sous l’influence du christianisme, avec les idées d’enfer et de purgatoire. Dès lors, la mort devint effrayante. Si les âmes reviennent, c’est qu’elles n’ont pas accédé au Paradis et sont donc des âmes damnées ou libérées du purgatoire. Selon la légende, ces âmes damnées parcouraient la nuit de la Samain dans des cortèges, des cohortes infernales appelées « Hellequin » (Train d’enfer), probablement à cause de la déesse Hel liée au monde souterrain.
On n’a retenu, pour des raisons  commerciales, que les  masques, les déguisements et les farces de très mauvais goût qui avaient pour fonction de faire peur aux esprits ou de les apaiser en leur ressemblant, voire de s’identifier à eux afin de s’en protéger. Le tout saupoudré de la  légende de Jack O’Lantern, un homme obligé d’errer sur terre après sa mort car ni Dieu, ni le Diable ne voulaient de lui. Les citrouilles illuminées dans la nuit permettraient à Jack de retrouver son chemin. Jack O’Lantern a d’ailleurs donné son nom à une variété de citrouilles.
Vous lirez des tas d’explications de ce genre dans vos quotidiens.
L’église catholique a fixé ici la fête de la Toussaint  qui n’est pas à confondre avec la fête des Morts le 2 novembre. Mais là aussi le côté pratique et le commerce ont pris le dessus à grand renfort de chrysanthèmes ! Pourquoi pas ?  A condition  d’expliquer aux enfants que la mort fait partie de la vie, et si on leur parle des parents défunts et de ce qu’ils nous ont légué.  Ce serait une autre façon de fêter Halloween !
Au registre des fêtes et traditions Novembre c’est le 20 du mois la journée des droits de l’enfant mais pas n’importe comment !
Bien sûr Novembre c’est l’Armistice du 11 novembre. Je laisserai cette page à l’histoire et aux commémorations des évènements de la Grande Guerre.
Novembre c’est aussi la révolution d’octobre en Russie puisque ce pays n’avait pas encore mis en place la réforme du calendrier grégorien.
Novembre c’est le déclenchement de la guerre de libération algérienne en 1954 qui a tant fait de souffrances de part et d’autres.
Novembre c’est le Pool Day, qui tous les 4 ans, le mardi qui suit le premier lundi de novembre ( donc entre le 2 et le 8 novembre) l’élection présidentielle aux Etats-Unis.
Novembre c’est  aux Etats-Unis, « le Thanksgiving », le quatrième jeudi du mois et au Canada le deuxième lundi d’Octobre, le jour où on remercie Dieu par des prières et des réjouissances pour les bonheurs que l’on n’a pas pu recevoir pendant l’année. Original non ?
Novembre c’est le Beaujolais nouveau, le 3 ème jeudi du mois. Pas encore du bon vin, mais une occasion de réjouissance qui font pâlir d’envie les vignerons du Midi qui tentent de faire pareil sans y arriver vraiment ! On ne fait pas le vin n’importe comment sous prétexte de rentabilité commerciale !  
Plus original novembre  c’est dans plusieurs pays anglo-saxons, « le Movember » Chaque mois de novembre, les hommes du monde entier sont invités à se laisser pousser la moustache dans le but de sensibiliser l'opinion publique et de lever des fonds pour la recherche dans les maladies masculines telles que le cancer de la prostate. Le nom vient de la contraction de « mo », abréviation de moustache en anglais australien et de «  November » (novembre). Depuis 2003, cette fondation australienne relève le pari de « changer le visage de la santé au masculin ».
À la fin du mois de novembre, des fêtes sont organisées partout dans le monde pour célébrer ceux « qui ont sacrifié leur lèvre supérieure pendant un mois ». Les hommes s'y déguisent alors en moustachus connus.  Chaque pays élit ensuite le Mo Bro de l'année.
Une Mo Sista, de l'anglais « sister » traduit par « sœur », est une femme qui soutient un participant de movember. Que ce soit un ami, un collègue, un frère ou un petit ami, par un mot d’encouragement, un sourire, elles les aident à assumer ce nouveau look pas toujours facile à adopter. Les femmes étant prétendument plus préoccupées par les problèmes de santé, elles peuvent aider les hommes à se confier et à échanger sur les maladies masculines qui sont taboues pour beaucoup d’entre eux.
Novembre c’est enfin la sainte Catherine qui va nous ramener au temps qu’il va faire et à la lune, à nos jardins et à nos dictons. Vous savez que ce sont les mouvements « montants » ou « descendants » de la course de la lune qui sont importants pour le jardin et non le fait qu’elle croit vers la pleine lune ( PL) puis décroit au point de disparaître à notre vue, juste avant la nouvelle lune ( NL ou point noir sur nos calendriers)
Pour ce qui est du temps qu’il fait ou va faire, depuis le 30 octobre nous sommes dans la nouvelle lune qui sera PL le 14. Jusqu’à cette date nous sommes en lune montante. Il faut attendre la lune descendante du 14 au 29 pour bouturer, planter, tailler, enrichir le sol par des engrais. Et c’est un simple hasard qui a donc placé Sainte Catherine en cette période.
Sans aucune relation de cause à effet. La brave Catherine se trouve là comme un procédé mnémotechnique pour nous rappeler que la période est bonne pour enraciner les nouvelles plantations.
D’où les dictons « Entre Noué et Cateline tout bois prend racine » dit-on en Ille et Vilaine et dans le Lot «  pour la sainte Catherine toutes les boutures prennent facile »
On connait mieux l’expression «  coiffer la Saint Catherine » qui vient de cette tradition datant du Moyen-Âge qui voulait que les jeunes filles se chargent  de renouveler la coiffe de la statue de saint Catherine, selon un usage qui voulait qu’on vêtit les statues des saints  dans les églises.
Novembre c’est « Novembre chaud au début, froid à la fin ».  « Novembre, mois des brumes, par devant réchauffe et par derrière refroidit. ».
Le début de Novembre marque souvent « l’été de la Saint Martin » que nos médias ont encore appelé aujourd’hui « l’été indien » ce qui est une autre histoire ! « Le vent de novembre arrache la dernière feuille ».
En entrant dans ce mois au rythme de ces quelques vers du beau poème du belge Emile Verhaeren, le Vent :
Sur la bruyère longue infiniment,
Voici le vent cornant Novembre ; Sur la bruyère, infiniment, Voici le vent Qui se déchire et se démembre, En souffles lourds, battant les bourgs ;Voici le vent,Le vent sauvage de Novembre.
Poème que Vous pourrez entendre l’auteur lui-même débitant son poème sur Youtube en cliquant le lien : https://www.youtube.com/watch?v=FmzM0NgdDR8
Addisias

                                                                                                                                                             Jean Mignot le 31 octobre 2016